Gombervaux dans l’Histoire

Un château sur une terre de frontières

Le château de Gombervaux se trouve à moins de cinq kilomètres de la ville de Vaucouleurs, connue dans l’Histoire de France par Jeanne d’Arc. Elle s’y fait armer avant de prendre la route de Chinon. C’est l’un des rares édifices médiévaux du XIVe siècle encore visitables de nos jours dans le sud meusien.

En 1338, le roi de France Philippe VI accorde à Geoffroy de Nancy, chevalier lorrain, la gestion du fief de Gombervaux. Celui-ci entreprend la construction de l’édifice actuel. Situé dans une vallée, son emplacement est stratégique, à la frontière du Royaume de France et du duché de Lorraine.

Le premier siège du château a lieu en 1363. Le comte de Vaudémont, seigneur de Vaucouleurs, avait déclaré la guerre aux ducs de Lorraine et de Bar. Contraint de participer, Geoffroy de Nancy confie Gombervaux à son fils Geoffrin. Henri de Vaudémont assiège le château. Pour des raisons diplomatiques, Geoffrin cède au bout de six jours.

En 1367, le roi Charles V se rend à Gombervaux pour la signature du traité de Vaucouleurs, qui rattache la ville au domaine royal de manière officielle. Par cet acte, Charles V sécurise ses frontières et souhaite éviter les querelles entre seigneurs locaux qui déstabilisaient la région. A cette occasion, un fastueux banquet est préparé en l’honneur du roi par son cuisinier Taillevent. Le menu du banquet a été intégralement conservé et constitue aujourd’hui, pour les historiens, une source importante d’informations sur l’alimentation médiévale.

A un emplacement stratégique, Gombervaux a joué un rôle important dans l’Histoire. Des troupes françaises y logent pendant la guerre de Trente Ans. Louis XIII envisage de le détruire pour éviter qu’il ne tombe en mains ennemies. Louis XIV l’érige en baronnie en 1660 pour récompenser Gabriel de Myon qui a combattu à ses côtés. Son petit-fils Louis XV veut le racheter pour en faire une prison d’Etat. Plus tard, il échappe aux destructions de la Révolution française qui a voulu lui enlever les blasons restants sur la tour carrée.

En 1763, les propriétaires déménagent à Tusey et Gombervaux est progressivement abandonné. En 1833, on parle de la « Ferme de Gombervaux » et ce qu’il reste du château sert de lieu de stockage pour la ferme. En 1989, des passionnés créent l’association Gombervaux pour sauver le château. Il est classé « Monument Historique » par arrêté ministériel du 21 mars 1994.

Mythes et légendes

La Dame Blanche de Gombervaux

Le comte Hugues de Gombervaux était un homme impétueux et violent. Il aimait passionnément sa femme, Dame Harlette. Le comte avait un intendant, Siegfried, un homme machiavélique et hypocrite. Sensible aux charmes de la dame, il tenta de la séduire, en vain. Courroucé, Siegfried fit croire au comte qu’un matin, un inconnu était sorti par la fenêtre de la chambre de sa femme à l’aube. Hugues, fou de rage et de jalousie, fit mettre Dame Harlette dans un tonneau garni de clous, malgré les protestations de ses gens. Siegfried poussa le tonneau qui dévala la côte vers Vaucouleurs pour venir s’écraser sur des rochers. Tous accoururent, mais à la place du cadavre ils retrouvèrent une petite souris blanche qui s’enfuit dans une fissure du sol. De celle-ci jaillit une riche source d’eau claire.

Le comte, brisé et inconsolable, remarqua avec le temps que le château semblait s’affaisser dans le sol, comme si la nature punissait Hugues pour son geste. Celui-ci finit par apprendre la trahison de Siegfried et lui trancha la tête. Le félon se transforma alors en loup et s’enfuit. Abattu, Hugues décida de construire une chapelle en l’honneur de son épouse à l’endroit où le tonneau s’était brisé, et prit Siegfried en chasse. Après des jours de recherche effrénée, Hugues retourna, épuisé, dans son domaine, baigna sa tête dans la source et pria sa femme de lui venir en aide avant de reprendre sa course. Celle-ci répondit à l’appel sous la forme d’une apparition de voiles blancs et pourfendit le félon d’une lance, avant de donner à son mari un dernier baiser de pardon.

Un château dans un creux...

On raconte que le diable, sur la demande de Geoffroy de Nancy aurait envoyé ses sbires construire le château sur une hauteur. Le travail terminé, il serait retourné vers Geoffroy de Nancy réclamer son dû. Le chevalier refusa de le payer alors le diable fit s’enfoncer le château au fond de la vallée. Il s’aperçoit de mieux en mieux depuis la route comme s’il « remontait ». Les gens en concluent que le seigneur de Gombervaux aurait commencé à rembourser sa dette au diable.

Les Tours des Quatre Fils Aymon

Une chronique populaire veut que les Quatre Fils Aymon, vassaux de Charlemagne, aient conquis le château de Gombervaux alors que l’empereur les envoie guerroyer dans la région de Vaucouleurs. Chamorin rapporte alors que les quatre tours du château ont pris le nom des quatre frères : Aalard, Renaud, Guichard et Richard.

La Chanson des quatre fils Aymon, ayant comme protagoniste le cadet des frères, Renaud de Montauban, est une chanson de geste dans le style classique des récits médiévaux. D’origine française, elle connaît une grande diffusion en Europe avec l’invention de l’imprimerie.

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